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flamel le livre des laveures
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LE LIVRE DES LAVEURES

NICOLAS FLAMEL

Manuscrit Bibliothèque National S.XV

(Ms 19978 et 19962 et 14789 Livre des Régimes)



Ci commence la vraie pratique de la noble Science d'Alchimie. Le Désir désiré, et le prix que nul ne peut priser de tous les Philosophes composé, et des livres des anciens pris et tiré, ci en somme avons abrégé, afin qu'à toi, cher ami, appère être très certain l'argument de vérité de la plus excellente partie de la Philosophie, laquelle somme nous appelons la pratique d'Alchimie pour ce que des livres des Philosophes comme les rosés des épines je l'ai tirée et arrachée, car la chose qui est contraire à raison nuit à vérité. Pour ce les hommes de vérité avec toutes choses à elle appartenant, en icelle, par clair sermon et par droit ordre, et de mot à mot avec toutes les causes suffisantes avons baillé, avec toutes les choses qui en leurs livres ont (été) trouvées être nécessaires à l'ou­vrage accomplir, sans rien mettre de superfluité, ni rien celer apparte­nant à tout ledit ouvrage, pour laquelle chose je prie à Notre Seigneur Jésus-Christ que par sa grâce vous veuille donner l'esprit d'entendement. Et pour ce que ce livre est nommé vraie pratique d'Alchimie. Premièrement je mettrai la définition d'Alchimie.

La définition d'alchimie

Alchimie est une partie scellée de Philosophie naturelle la plus néces­saire de laquelle est constitué un art, lequel est non pareil à tous autres, lequel art enseigne de muer toutes pierres précieuses non parfaites à vraie perfection, et tous corps humains malades à moult noble santé, et à transmuer tous les corps des métaux en vrai soleil et en vraie lune par un corps médicinal universel auquel toutes les particularités de médecine sont réduites, lequel est accompli et fait manuellement par un secret régime révélé aux enfants de vérité par un moyen de chaleur tel comme Nature désire. Cher ami, c'est une science qui est nommée fleur réelle ou fleur de sapience, par laquelle est rectifié l'entendement humain par force d'expérience au regard de l'œil et de rurale connaissance, com­me il soit ainsi que telle expérience ne peut souffrir nulles probations fantastiques, mais donne voie pour entrer vivement en toute autre science en montrant à l'entendement comme on peut entrer aux vertus divines qui moult sont à celer, et ainsi par Nature entendons ce qui est de vérité, dont plusieurs fols croient que ce ne soit rien. Mais nous l'avons vue si c'est vérité ou non, et pour ce sera secret à homme qui l'a connue, pour ce que par telle science est jeté hors l'entendement de superfluité qui est contraire à toute vérité. Et comme il soit ainsi qu'en forte louange resplendit amitié, et en loyautés connues fleurit toute révé­rence, et aux constants véritables est trouvée loyauté en fruit qui est perdurable, et pour ce comme j'ai trouvé amitié et vérité en vous, je, comme familier ne vous refuserai d'écrire, en enseigne de singulier amour, le secret révélé aux Enfants de vérité apercevant la très agréable fiance que vous avez à moi. Ainsi comme évidemment je l'ai aperçue, et en infaillible expérience réellement connue. Et pour ce comme vérité soit en la personne qui expériment désir, avoir en Nature, et d'icelle soit donnée et non d'autre le puisse être. Ainsi comme il est écrit es auto­rités des Grecs qui disent garde vérité et tu auras louange en Dieu et expériment en Nature. Sinon non. Laquelle autorité il faut exercer en notre latin si nous voulons avoir vertu et expériment : et pour ce à vous comme ce fils de vérité s'approche le don de grâce qui est vérité pure sur le fondement de nature, et pour ce que es choses dessus dites, j'ai connu votre noble cœur hautement élevé en vrai entendement. Témoin l'exemple que j'ai aperçu de la vérité de votre personne, et pour ce ne reste autre chose, si ce n'est tant seulement à déclarer la voie droiturière que vous devez avoir pour obtenir la vraie et pure intention de notre maîtrise en propre ouvrage pour aconsuivir expérience fructueuse qui est secret de nature, trésor incomparable et clef, et terminaison de tout cours de physique. Ce livre sera divisé en deux principales parties. C'est à savoir en théorique et en pratique.

De la Théorique

Pour lequel trésor acquérir, vous, cher ami, devez en vous avoir» comme homme d'entendement réel, deux principales intentions si vous voulez en vous obtenir l'ouvrage philosophai qui est sur tout le cours de nature. La première intention ci est que vous devez acquérir engin naturel par lequel le mercure naturellement se puisse endurcir. La se­conde intention ci est de savoir et connaître la raison et l'effet par lequel s'endurcit et se congèle en succession intellectuelle selon la nature de l'altération successive qui se fait en la matière de nature, et afin que vous entendiez ces deux intentions. Je vous réponds à la seconde disent les vrais Philosophes que nul temps l'argent vif ne peut rien muer, si premièrement n'est mué à part et transformé d'une nature en l'autre, et ainsi comme il est transmué, tout ainsi après il transmue. Car quand il est dissous, après il dissout, et quand il est endurci et congelé, après il endurcit et congèle. Par quoi il appert que la raison pourquoi nous l'endurcissons et congelons est afin que après il puisse endurcir et con­geler et épaissir tout autre argent vif, non pas seulement en masse de métal, mais en médecine parfaite, étant en forme de poudre élixirique très pesante. Cher ami, entendez, car nulle chose ne se peut faire sans connaître de cause, et je vous ai jà dit que connaissance de la cause est que le mercure n'est transmué ni congelé si ce n'est par intention de transmuer et congeler, car par icelui transmué nous transmuons en l'espace d'une heure, et sans icelui transmué nous ne pourrions rien transmuer car transmutation ne se fait si ce n'est selon raison et force de Nature, et pour ce, quand la nature du mercure est une fois transmuée, elle transmue tout autre mercure en semblable nature, pour laquelle chose il appert, en retournant à la première intention, comme vous devez acquérir en vous engin naturel par lequel premièrement vous puissiez ledit mercure épaissir, endurcir et congeler par connaissance de cause à gagner un tel engin pour congeler ledit mercure. J'ai tout le cours de philosophie réelle discouru par maints travaux et contemplations pour le grand et fort amour de quoi j'étais surmonté, jusqu'à temps que je visse en icelle le droit ordre de Nature et le supplément qu'elle lui sait donner, car elle fort et clairement m'a réellement montré les causes par lesquelles l'argent vif tout par lui ne se peut transmuer par art, ainsi comme Nature le transmue en ses propres minières, et pour ce j'ai connu la cause de la vérité par laquelle les Philosophes ont dit que l'art ne peut ensuivre Nature, mais bien la ressemble en toutes les choses qui ressembler la peut, et si je vous disais toutes les causes, trop serait long. Mais en conclusion d'une des principales causes et réelles est pour ce car l'argent vif actuellement ne contient mie en lui tous les droits quatre éléments composés. Car notre pierre toute complète se fait de tous les 4 éléments actuellement composés, car les simples en l'art trop petit profitent pour ce que trop ont simples et longues actions de digestions, lesquelles l'art ne pourrait attendre par leur trop grande demeure ni information de chaleur par dehors, on ne leur pourrait donner par art qui fût bonne à l'exigence de leur simplicité. Et pour ce voyant Philosophie que en ce point l'art ne peut ressembler à Nature. Pour ce, car l'argent vif qui est la matière en laquelle Nature fait ses actions dedans les minières des métaux ne contient mie en lui les quatre éléments sinon trop simplement, et pour ce elle nous commande que icelui nous ne pre­nions en l'art, sinon pour un élément tant seulement, c'est à savoir pour l'élément de l'eau. Maintenant entendez bien, eau non naturée. Nous autres, qui sommes informés en raisons établies de Philosophie naturelle, savons qu'à l'art, premièrement sont nécessaires quatre principaux élé­ments naturellement composés. C'est à savoir terre fixe et feu fixe, et eau, et air naturels non fixes. Et est métier que cette terre et cet feu soient de la propre substance de l'argent vif. Car en autre manière jamais ne s'ajouteraient à eux s'ils n'étaient de sa nature et de sa matière.

Par laquelle chose il appert que comme cette terre et ce feu soient fixes et soient ou doivent être de la substance de mercure, en conclusion ferme devez tenir que telle terre et tel feu ne sont autre chose, sinon substance d'argent vif fixe, non pas que par art ait été fixé ni dépuré, mais ça a été par l'engin de l'œuvre de Nature, en fin or et en fin argent en sa propre minière en l'espace de mille ans. Lequel engin jamais l'art ne peut atteindre, et pour ce, Philosophie pieuse nous a donné à enten­dre qu'en supplément nous prenions le soleil pour père et la lune pour mère, car ils sont corps fixes luisants et teignants, et feu de nature digé­rant le susdit mercure, et icelui congelant et endurcissant après l'artifice de leur subtiliation. De ces deux corps, cher ami, nous tirons à l'aide du dessus dit mercure non fixe trois éléments, c'est à savoir, terre fixe, feu fixe et air non fixe, qui porte en lui la forme mercurieuse, et est appelé mercure animé de couleur naturelle, trait du plus profond des dessus dits corps fixes. Ainsi nous obtenons les quatre éléments. Or entendez en quelle manière ils prennent ensemble leurs mutations, par un exemple que je vous donnerai afin que mieux soyez avisé en fait de la chère pratique. Car nul temps fut Philosophe qui mieux la donnât à enfant qu'il eût comme je vous la donnerai. Je vous dis donc que l'eau ainsi comme nature froide et moite se mêle avec les végétaux et icelle reçoit autre mixtion et proportion. Et c'est par raison des choses qui se mêlent en icelle, par lesquelles choses ainsi mêlée elle reçoit en chacune décoction qualité de la chose mêlée. Car tout le procès de cet art ne ventille, si ce n'est en certaines proportions et compositions et transmuta­tions de qualité en autre tout ensemble, lesquelles compositions sont faites par mixtion de nature en enseigne de droit ordre d'icelle au regard de la forme spécifique de chacune proportion et composition, en enforçant l'instrument de Nature. Tout ainsi l'argent vif se vêt d'autre nature et d'autres qualités en prenant la nature des corps avec lesquels il se cuit. Car s'il se cuit avec or, nature d'or prendra et en nature d'or se retour­nera et congèlera. Pour laquelle chose répond Philosophie, et dit que nulle humidité plus promptement ne se convertit en or ou en argent que icelle en laquelle les qualités d'or ou d'argent sont par dissolution suffisemment introduites. Si comme est l'argent vif qui a été cuit en iceux et après tiré du plus profond de leur ventre, et si en Vénus ou en Jupiter le cuisez, semblablement prendra-t-il les qualités d'iceux, et par consé­quent en la nature d'iceux se retournera et se congèlera. Et ainsi de toutes autres espèces métallines, car les choses ne se font sinon selon leur nature, et il n'est rien qui soit (plus) forte chose que Nature. Donc comme Nature ne se peut fourvoyer de sa nature, si nous voulons faire or ou argent par Nature, il convient cuire les leurs espèces avec ledit mercure et mêler et dissoudre. Car ledit mercure est leur propre eau minérale, ainsi comme appert par sa forme métallique. Et en icelui mer­cure recevront lesdits corps mutations et conversions d'une nature en autre en telle manière qu'après ladite eau tirée du corps, toute leur nature en forme de mercure ainsi comme j'ai dit par l'exemple des choses végétales cuites en simple eau. Et ainsi comme la nature des corps est altérée en la devant dite eau de mercure, par conséquent leur couleur s'altère. Et dedans se muchera et s'amalgamera sous espèce de mercure, et pour ce l'on ne la peut voir jusques à la fin de son congèlement. Et je vous ai jà manifestement exemplifié pour avoir réel entendement com­me l'eau simple des fleuves est la première matière et nourrissement des végétaux, si elle est de toutes les choses animées et sensitives. Et pour ce, si aucunes choses d'icelles se cuit en elle, tantôt prendra la vertu et propriété de sa nature, et pour ce comme l'eau en son commencement soit souverainement froide en nature. Toutefois pour raison des choses chaudes qui sont cuites en icelle, tantôt œuvrera et manifestera effet de chaleur au tiers degré. Item, il n'est chose qui en substance de chair soit plutôt convertie que icelle eau en laquelle la chair est parfaitement cuite, ou soient prises choses cuites en icelle, ou l'eau par elle simplement après sa décoction soit prise et bue à la mesure et proportion de nature. Car adonc ne nuit point, mais profite mieux et aide, laquelle chose ne faisait pas l'eau crue et froide étant en sa première simplicité, mais était bien nuisible par raison de sa froideur crue qui est qualité mortificative.

Et pour ce l'eau de la chair après sa décoction n'est pas telle comme elle était devant, mais est son essence du tout convertible en nature de chair. Et par ce elle se prend pour viande et non pas pour médecine, car sans moyen elle est réductible en essence humaine. Tout ainsi par semblable manière et réelle, l'argent vif est la première matière de tous les métaux. Car ainsi comme l'eau commune des fleuves pour raison de simple homogénéité première et essentielle et commune qu'elle a en tous les végétaux et en tous les animaux reçoit la vertu de toutes les choses qui se cuisent en icelle. Tout ainsi le mercure reçoit et attire la vertu et la nature des corps des susdits qui en lui se joignent et se mêlent en leur décoction, et en l'essence d'eux après il se retourne. Et pour ce comme en son commencement le mercure soit tiré froid, il peut être fait chaud en bref temps et semblablement peut être fait attrempé avec les attrempés, mais c'est par un très subtil art et ingénieux. Et pour ce en l'ouvrage de Philosophie, nous ajoutons le mercure cru qui est esprit mercuriel cru ainsi comme eau portant l'enseigne d'espèce de métal avec les corps puis digérés, fixés, cuits et attrempés par l'engin de nature. C'est à savoir en or et en argent afin que par certaines décoctions se dissolvent en icelui, lesquelles manières je vous montrerai par pratique. Car comme d'homme ne se puisse engendrer que homme, ni or sans or, reste que selon le droit de Nature il n'y a rien à contraindre pour faire génération sinon les deux spermes qui sont principes de nature. Et toute­fois ces deux spermes nous n'avons pas actuellement. Si premier ne les tirons du soleil et de la lune par dissolution de leur corps et subtiliation. Ainsi comme ni de l'homme ni de la femme ne se peuvent ajouter leurs spermes en coït si premier ne sont tirés des rognons par délectation dissolutive faite par l'amour de nature libidineuse. Et ainsi comme il suffit à l'homme et à la femme leurs spermes, ainsi suffit-il à l'or et à l'argent leurs spermes par spécial quand les vraies semences sont épandues et mêlées en la chambre de la matrice en gardant manière ainsi comme requiert la différence du lignage de génération. Car en ladite matrice qui est le propre vaisseau de Nature auquel elle fait son transmuement, est faite la conjonction et la solution de l'un et de l'autre union, action, passion par force de chaleur de nature qui est ainsi comme chaleur de femme naturelle. Et ainsi nous procédons es arts de Philo­sophie si nous voulons que l'ouvrage demeure sans erreur, en telle manière que le corps féminin soit naturellement dissous en l'eau du dessus-dit mercure, laquelle se tienne actuellement dissoute à sa part. Et le mâle semblablement, en gardant la proportion. Si comme il appert es indagations et es secrets de Nature.

Cette théorique, cher ami, je vous donne, afin que vous ayez meilleure connaissance des choses qui se transmuent par la vertu de la pra­tique qui s'ensuit. Car tout temps se dit que tout homme est réputé pour bête qui ne sait rendre cause réelle de ce que réellement fait ou veut faire, et pour ce ayez ladite théorique recommandée en votre entende­ment, car nul temps fut Philosophe qui la bailla ainsi comme je vous fais.

La Pratique

Ci ensuit la pratique. Cher ami vous prendrez au nom de Dieu deux livres d'eau commune, et icelle distillerez par un cuir bien délié. Puis après prendrez une once de lune très fine affinée par cendres, et icelle mettrez dans une fiole en menues pièces tranchées à la grandeur ou lar­geur de votre ongle. Et après mettrez dedans toute votre eau, et mettrez tout cuire au bain par deux ou par trois jours naturels. Et c'est la pre­mière disposition de l’œuvre.

La seconde disposition est telle. Vous prendrez au nom de Dieu votre matière et la mettrez refroidir à part. Puis après vous verserez tout dans un plat de verre ou de terre plombée, et recueillerez avec une plume tout ce que trouverez de terre morte au-dessus, et icelle mettrez à part bien gardée. Après vous aurez un couloir de toile moyenne c'est à savoir une qui ne soit ni trop grosse ni trop déliée, et coulerez par icelui votre matière en un autre plat de verre bien large, et l'épreindrez bien jusqu'à ce que tout ce qui pourra passer de l'eau soit passé par ledit couloir. Puis après vous aurez un mortier de pierre et en icelui mettrez le corps qui est demeuré dans le couloir, et icelui vous broierez avec un pilon de bois en manière de sauce. Et quand vous verrez qu'il sera comme mol, vous passerez ce qui pourra passer par le couloir, puis le remettrez au mortier et l'abreuverez un peu avec l'eau qui soit pre­mièrement passée par le délié cuir que dessus vous ai dit, et l'abreuverez en manière de rosée, puis le broierez bien fort et l'abreuverez autre fois de plus en plus, ainsi comme si vous vouliez faire sauce, jusques à tant qu'il soit en manière d'eau. Toute cette sauce soit passée par le tiers couloir, puis la mettez en ladite fiole avec toute son eau, et étoupez bien votre fiole de bonne cire confite et la remettez cuire en bain par trois jours.

La tierce disposition est telle, c'est à savoir que tout en tout vous fassiez ainsi comme vous avez fait pour la deuxième disposition. En cueil­lant premièrement la terre morte, et icelle mettrez à part avec l'autre que dessus avez cueillie. Puis après en passant votre matière par le cou­loir moyen, et après en broyant le corps qui est argent vif fixe, et en abreuvant et mettant cuire, tout ainsi comme il est dit dessus par trois jours. Sachez, cher ami, que par telles décoctions, imbibitions et broyures, le corps qui est argent vif fixe moult fort et assubtilise dedans le ventre de mercure non fixe en telle manière que toute sa viscosité fixe se dissout dedans le mercure non fixe et se rend non fixe. Et est cette viscosité eau de corps en forme de couleur céleste, ainsi comme je vous montrerai quand vous œuvrerez. Et est appelée cette eau, feu et soufre, car elle arde et brûle tout corps ainsi comme expérience vous montrera, et dissout et congèle en humide radical, et quand le corps est privé de telle humidité, il demeure en poudre subtile discontinue, ainsi comme apperra après sa calcination. Donc comme telles dissolutions d'eau et subtiliation de corps soient faites par le bénéfice des dessus dites dispositions, ne veuillez être paresseux de recommencer et continuer icelles jusqu’à tant que votre matière soit venue au signe que je vous donnerai qui est tel. Vous pren­drez un petit de corps après son expression, et icelui petit mettrez sur une lame de cuivre ou de fer sur feu de charbon. Et si vous voyez que le corps se tourne noir, c'est signe de sa nature qu'il n'est pas assez cuit. Recommencez encore les devant-dites dispositions sur ledit corps jusqu’à tant que vous le voyiez en forme de terre blanche pâle sans forme métalline et sans noirceur. Adonc est le corps radical bien lavé par la première laveure.
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LA SECONDE LAVEURE


Or s'ensuit la seconde laveure, en plus grande dissolution et subtiliation dudit corps radical qui est mercure fixe et lunaire. Car sachez que telles subtiliations nous ne faisons, sinon afin que le mercure fixe subtilié et sec puisse retenir et congeler le mercure non fixe qui est du tout simple et subtil. Car gros corps en simple, ni simple en gros jamais bien ne s'ajoutent selon, c'est à savoir si le fixe n'est fait simple comme l'autre. Et ceci se fait par diverses dispositions et prépa­rations ainsi comme vous verrez par expérience et degré de chaleur.

La première disposition de la seconde laveure, solution et subtiliation est telle. C'est à savoir que quand vous aurez essayé du petit que le corps se tourne en terre blanche, vous prendrez tout le corps et le mettrez en un vaisseau appelé condamphore fait de deux pièces l'une semblable à l'autre, duquel la forme je vous montrerai. En icelui vaisseau vous mettrez votre corps après son expression sans point d'eau. Après l'étouperez avec bonne cire confite qui est appelée, es secrets de cette Philosophie, but philosophai. Puis après metterez-le cuire dedans le bain par deux jours naturels. Cette décoction-ci est une manière de dessiccation par laquelle à l'aide de ses réitérations le corps du tout se retourne en manière de poudre moult subtile. Et partant est faite la première disposition de la seconde laveure.

La seconde disposition est que vous preniez votre vaisseau avec toute la matière et le mettez refroidir, et quand il sera froid, ouvrez-le. Et l'humidité que vous trouverez sublimée encontre le couvercle du condamphore, vous cueillerez avec une plume nette, et icelle mettrez à part. Après vous prendrez le corps sec que vous trouverez au fond, et le mettrez en mortier. C'est un corps qui volontiers se rompt. Broyez-le fort jusqu’à tant que vous verrez qu'il se retournera tout humide. Adonc le remettrez audit condamphore en bain par deux jours naturels. Et ainsi est faite la seconde disposition de la seconde laveure.

La tierce disposition est ni plus ni moins que la seconde. Faites-la donc tout ainsi comme il est dit en cueillant l'humidité que vous trouverez sublimée amont, et la mettez avec l'autre en broyant le corps jusqu’à tant qu'il soit fait poudre qui est un peu humide. Par telles décoctions trouverez que le corps perd de son humidité en chacune décoction et se dessèche à lent feu. Remettez-le donc cuire et dessécher jusqu’à tant qu'il soit fait poudre subtile en couleur de cendres. C'est la tierce disposition de la seconde laveure.

La quatrième disposition est faite ni plus ni moins et ainsi comme les autres jà dites. Par telle disposition trouverez que le corps sera en plus sèche poudre. Ainsi, cher ami, est achevée la quarte disposition.

Or s'ensuit la cinquième disposition qui est fait par autre infor­mation de chaleur sèche. Vous prendrez ladite poudre et icelle mettrez audit condamphore. Et après la mettrez sur cendres et lui donnerez feu lent simplement compost, lequel je vous montrerai en votre pratique quand vous œuvrerez. Car les degrés du feu par vertu de leur mesure qui œuvre à l'exigence de la nature font toute la besogne. En tel feu la laisserez par un jour naturel. Et c'est la cinquième disposition.

La sixième disposition est que vous laissiez refroidir votre vaisseau sans l'ôter du fourneau, et quand il sera froid vous prendrez votre poudre et la broierez au mortier. Mais que premier ayez cueilli toute l'humidité qui sera sublimée et mise à part tout par elle, car elle a autre vertu et autre pouvoir. Gardez-la bien étoupée dedans une fiole de verre, puis remettez la poudre dans le condamphore et le remettez sur cendre, et y faites un tel feu, comme dessus vous ai dit, qui est feu du premier degré. Et tel feu se doit continuer par cinq ou six heures, et après tout continuellement en icelui même degré composerez le feu de charbon jusqu’à tant qu'il soit feu de degré et demi. En tel feu sera votre matière par l'espace de seize heures. C'est la sixième disposition.

La septième disposition-ci est ni plus ni moins telle comme la sixième disposition jà dite, sinon que le feu est élevé jusqu’au second degré parfait. Mettez donc votre matière au degré de cette chaleur par un jour naturel et telle est la septième disposition.

La huitième disposition est semblablement comme les autres jà dites, sinon qu'en cette disposition la chaleur du feu est levée jusqu’au second degré et demi, dont le demi-degré est continué de flammes par un jour naturel ou par plus jusqu’ à tant que ladite poudre ne pourra plus rien sublimer.
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DE LA TIERCE LAVEURE


Or s'ensuit la tierce laveure qui est faite par réversion de réduction en large dissolution pour aconsuivir plus grande subtiliation et solution dudit humide radical auquel se doit congeler et endurcir votre vif argent. Vous prendrez au nom du souverain créateur votre corps calciné et le mettrez en votre mortier et l'abreuverez de la première eau en manière de rosée faite par le délié cuir en abreuvant et broyant jusqu’à tant que tout soit bien incorporé. Puis après derechef l'abreu­verez et puis broierez fort jusqu’à tant que l'eau et le corps soient faits tout un. Et puis après l'abreuverez par plus grande imbibition. Toutefois que ce soit attrempement, et puis le broierez fort. Et ainsi l'abreuverez et broierez jusqu’à tant qu'il soit fait comme sauce claire, laquelle sauce vous prendrez, et tout ce que pourra passer d'icelle par expression vous passerez par le couloir moyen dedans un ,plat de verre. Et ce qui ne pourra passer vous retournerez à broyer en l'incorporant avec le mercure par imbibition en manière de rosée ainsi comme vous avez jà fait, en mouillant et en abreuvant jusqu’à tant qu'il soit comme sauce claire, c'est à savoir entre épaisse et claire. Puis après tout ce qui pourra passer par ledit couloir moyen vous passerez, et mettrez tout ce qui passera en l'autre plat que dessus avez passé. Et ce qui demeurera qui ne pourra passer, retournez à broyer, et abreuver et à incorporer comme vous avez fait. Et ainsi recommencerez jusqu’à tant que tout le corps sera passé par ledit couloir moyen. Et ceci se fait assez légèrement et tôt si bien entendez ladite disposition. C'est à savoir dedans deux heures ou un peu plus. Puis mêlez toute votre première eau simple avec tout ce qui est passé, et enfin que l'eau simple se continue en l'eau épaisse, passez tout par le gros couloir deux fois ou trois. Et puis mettez tout en une cucurbite de verre bien épaisse et qui soit tout d'une pièce avec son alambic, et que au-dessus de l'alambic y ait un trou bien large auquel entre un col de verre serré au-dessus de lui-même, lequel nous appelons respiral pour ce que en icelui se refroidissent les esprits aériens légers et fugitifs qui sont de grande attrempance. Ledit vaisseau je vous démontrerai en lieu et en temps. Ce-dit vaisseau avec toute la matière dessus-dite vous mettrez tantôt en bain-marié, et ayez en telle manière disposé par saine provision le feu que l'eau soit fervente quand vous mettrez le vaisseau dedans. C'est à savoir prête de bouillir, car le plus tôt que vous pourrez il est besoin que le fassiez bouillir, devant que le corps se discontinue de l'eau métalline en laquelle il a été continué. Faites donc tantôt feu afin que le bain bouille. Et tantôt comme il commencera à bouillir laissez le feu en ce propos, car toujours après il bouillira, mais que vous saurez une fois le degré du feu. En telle décoction bien continuée sera votre matière par huit jours naturels. Icelle est la première disposition de la tierce laveure, solution et subtiliation.

La seconde disposition de la tierce laveure est que vous prendrez votre vaisseau, le laisserez refroidir, puis après prendrez une plume de poule ou d'oie qui soit disposée à ce faire. Et par le trou de l'alambic par lequel entre le respiral vous ferez couler tout ce qui sera sublimé en la gouttière du nez de l'alambic par manière subtile. Et que vous ne perdiez rien, ni ne mêliez rien de ce du dessus avec ce de dessous, car tout ce qui est sublimé, il est métier que vous le cueilliez et mettiez à part avec ce qui sera sublimé de l'eau simple première pendant le temps des assessations, car c'est eau pour réduire et laver la terre. Et quand vous aurez ceci cueilli, enclinez votre vaisseau et faites choir toute votre matière par le trou en un plat de verre en telle manière que rien d'icelle ne se happe contre le vaisseau en frottant bien icelui. Ce métier est d'une plume longue et forte et bien nette, et ce qui sera sublimé en réfrigératoire, mettez-le semblablement avec l'eau sublimée que dessus aurez cueillie et mise à part pour réduire bien étoupée. Puis après vous prendrez votre matière, et icelle coulerez par le feutre moyen en l'épreignant, et vous trouverez votre corps endurci et habile. Pour mieux subtilier mettez-le dans le mortier et le broyez fort sans imbibition, jusqu’à tant que vous verrez qu'il se manifeste bien humide. Adonc ce qui pourra passer d'icelui par le couloir moyen en épreignant, faites passer à part. Et ce qui ne pourra passer derechef le broyez. Et de tout en tout faites ne plus ne moins comme j'ai dit en la disposition précédente de la présente laveure. Et broyant et en abreuvant et en passant tout par le feutre moyen et non pas par le gros.

Puis mettez tout en vaisseau de verre bien sagement, et après mettez dessus votre respiral et le luttez. Et tantôt le mettez cuire par la manière que j'ai dite ci-dessus. Telle est la seconde disposition du traité de la matière selon l'ordre de la tierce laveure faite par art pour avoir matière subtile au regard des principes de Nature. Et pour ce nous faisons de la chose grosse subtile et simple, afin qu'ils puissent promptement obéir aux actes qui sont principes de Nature quand viendront à génération. Et que les qualités sans moyens s'entrecuisent qui ont à faire ouvrages et souffrir par mixtion et composition naturelle.

La tierce disposition de la matière de la tierce laveure, si se fait de tout en tout ainsi comme est la seconde jà dite, faites-la donc car ce n'est que recommencer la disposition.

La quarte disposition semblablement est telle comme est la seconde et la tierce jà dites.

La quinte est faite en telle manière comme les précédentes ni plus ni moins. Faites-la donc en recommençant, et ne vous ennuyez car toute vertu est d'avoir patience en cet ouvrage bien continué par pratique droiturière. Et pour ce vous endoctrine le Philosophe par ces vertus qui dit : Si advenu t'était que par étudier de plusieurs choses, connaissance avoir, tu dois pratique retenir, et en œuvrant toujours à droit chemin tenir. Vertus tu dois prêter, à ton ouvrage patience donner car la plus grande sans défaillance entre les vertus est patience. La première erreur en cet ouvrage est de trop se hâter et pour ce longue demeure est élevée en cette maîtrise avec noble patience sans laquelle nul homme ne s'y doit mettre, car les corps en leur commencement sont de forte composition et pour ce ils ont métier de longue préparation par contraire opération. C'est à savoir que premier se calcinent philosophiquement, et puis se dissolvent ainsi comme nature requiert et non pas vulgairement. Et en telle manière se corrompent les deux corps lumineux en sublimation d'hu­mide radical, qui est eau permanente pour fixer tout ce qui n'est pas fixe. C'est à savoir par rétrogradation élémentaire jusqu’à tant qu'ils soient retournés en leur première nature. C'est à savoir en soufre et argent vif par contraires œuvres qui sont solution et congélation, non pas vulgales mais philosophales et naturelles. Donc vous pouvez en­tendre qu'il n'y a rien de secret en cet ouvrage, sinon la manière d’œuvrer, laquelle œuvre n'est autre chose sinon de disposer la matière en propre chaleur avec peu de différence graduée au regard de Nature. Ainsi que pourrez sentir par la pratique que je vous donne, les tein­tures s'ardent par trop grand feu et par trop fort mouvement pour laquelle chose garder vous ne devez leur donner autres chaleurs sinon icelle que je vous déclare. En autre manière rien ne feriez. Volon­tiers vous donnerais les raisons, mais trop serait long. Entendez seule­ment à la pratique ainsi comme je vous dis sans passer son terme, jusqu’à tant que l'ayez accomplie par ses journées ordonnées. Et ainsi Nature ne pourra traspasser ses propres mouvements. Si par aide d'art et d'entendement la matière est bien disposée par dehors. Nature a donc merveilleusement œuvre par-dedans. Continuez donc bien ces dispositions que je vous donne au regard de Nature jusqu’à tant que tous ses mouvements soient parfaits. Car il est métier que conti-nuement vous disposiez sa matière par ses journées jusqu’à tant qu'elle ait accompli tous ses mouvements. Et adonc se reposera-t-elle en forme d'élixir parfait. Vous pouvez avoir trois bonnes patiences en tant que vous verrez que votre matière toujours se changera mainte­nant en odeur, maintenant en couleur, maintenant en mollesse, main­tenant en dureté, maintenant en l'un, maintenant en l'autre, desquelles choses vous pouvez entendre les raisons philosophales. Notable. Vous devez noter que ni plus ni moins que vous avez œuvré et pratiqué à la lune, vous pouvez œuvrer et pratiquer au soleil en prenant pour lune soleil. Et telle eau et autant comme vous avez mise à la lune, mettez au soleil et (en) tel vaisseau et en tel mortier et en tel feutre pour couloir, et toutes les dispositions, et toutes les laveures. Et tels feux comme je vous ai dit ci-dessus comme au blanc vous ferez au rouge, car vous pouvez œuvrer ou de l'un ou de l'autre ou de tous deux, mais vous devez savoir que la souveraine pierre des Philosophes est faite des deux corps luminaires chacun par soi et en même fourneau, et en tels vaisseaux, et par telle pratique comme j'ai dit ci-dessus et comme vous verrez en la pratique.

^ DE LA QUARTE LAVEURE

Or s'ensuit la quarte laveure et se rend régime par différence. La première disposition sur la quarte laveure est telle. Vous prendrez le vaisseau avec toute la matière et le mettrez refroidir, et ce qui sera sublimé faites couler avec une plume par la gouttière du nez de l'alambic ainsi comme dessus avez fait es dessus-dites dispositions et le mettez avec l'autre sublimé qui est son pareil. Puis après versez toute la matière qui est au vaisseau dedans un plat de verre et la coulez par le feutre moyen par forte expression et ce qui demeurera à passer broyez-le fort au mortier de pierre et passez faisant ainsi comme il est dit en la première et seconde disposition de la première laveure, c'est à savoir jusqu'à ce point que tout le corps soit passé par le feutre moyen et non plus. Puis après prenez toute la matière coulée et la recoulez autre fois par le délié cuir par suave expression, et le corps que vous trouverez dedans le cuir, mettez-le dedans le condamphore sans point d'eau, et faites après tout ainsi comme il est dit en la première disposition de la seconde laveure ni plus ni moins.

La seconde disposition sur ladite quarte laveure est ni plus ni moins et telle comme est la seconde disposition de la seconde laveure. Faites-la donc tout ainsi, car autre chose n'y a que faire.

La tierce disposition semblablement se fait ainsi comme la tierce de la seconde laveure.

Et la quarte ainsi comme la quarte.

Telles dispositions ne sont que réitérations de décoctions jusqu’à tant que la poudre corporelle ne puisse rien sublimer par le degré de l'action de la chaleur du bain, et tel est le terme de cette décoction. Attendez donc le terme puisque vous le savez jusqu’à tant que vous y soyez venu, ne vous ennuyez de disposer la matière en recom­mençant et en cuisant jusqu’à tant que vous voyiez que la matière soit venue audit terme. Ne lui ajoutez plus grande action de chaleur, ni ne veuillez venir au terme devant le temps requis à Nature, car l'information par dehors lui serait trop dommageuse et serait de mau­vais entendement contraire à celui de Nature. Et pour ce Nature ne pourrait ce qui lui manque de son entendement si l'information par dehors ne lui était propre au mouvement de son entendement. Car ainsi comme dit le Philosophe, l'ouvrage de Nature n'est autre chose qu'ouvrage d'entendement. Par quoi il appert que l'entendement de bon maître est équipollent à l'entendement de Nature comme il aide à informer la chaleur par dehors au vouloir de l'entendement de Nature œuvrant, et toute sa matière. Et pour ce dit un des Philo­sophes modernes que tel maître d'entendement naturel est ainsi comme compagnon de Nature, car comme par son réel entendement il connaît naturellement que Nature a son certain temps par droite mesure qu'il faut conserver et garder au regard des enseignements qu'elle lui démon­tre, lesquels ledit maître notablement connaît tant en son empreignement et enfantement comme en son nourrissement. Et ainsi Nature ne peut passer ses propres mouvements, mais accomplit tous ses moyens gradués pour venir à l'entendement de sa perfection. Comme donc vous sachiez et ayez la connaissance du terme de Nature par enseigne démontrable, continuez-lui ses dispositions dessus-dites jusqu’à tant qu'elle soit venue au terme dessus-dites. Et après vous lui donnerez autres dispositions différentes par information de chaleur sèche.

Or s'ensuit la quinte disposition, faite par information de chaleur sèche sur la quarte laveure et est que vous mettiez la matière sur cendres, tout ainsi comme j'ai dit au chapitre de la quinte disposition de la seconde laveure. Toutefois, souvenez-vous que premièrement vous ayez cueilli tout ce qui sera sublimé par la chaleur du bain, et mis à part avec les autres eaux pareilles en vertu et en séparation. Car toutes les eaux qui du corps sec par le bain seront sublimées en leur poudre noire, vous devez mettre à part tout en un lieu et en fioles bien lutées. Et tout ce qui sublimera par cendres mettez-le autre part, car c'est huile et âme naturelle. Et ce que vous séparerez de l'eau simple par l'alambic pendant les autres œuvres semblablement mettez à part tout bien luté chacun à sa part. Car chacun a sa force et sa vertu. Et chacun œuvre selon sa force en tant comme il est métier à sa nature.

La sixième disposition sur la quarte laveure de votre matière faites-la ainsi comme je vous ai dit au chapitre de la sixième dispo­sition de la seconde laveure ni plus ni moins.

La septième disposition est aussi semblablement faite comme la septième de ladite seconde laveure ni plus ni moins.

La huitième disposition de cette laveure se fait semblablement ainsi comme la huitième disposition de la seconde laveure. Faites-la donc ni plus ni moins. Le terme de cette dernière disposition sans autre réitération est de continuer toujours le feu jusqu’à tant que tout soit sublimé ce qui pourra sublimer. Continuez donc le feu sec bien gradué ainsi comme je vous ai dit à la huitième disposition de la seconde laveure jusqu’à tant que tout ce qui pourra jeter de son ventre soit tout dehors et sublimé en haut. Ainsi nos médecines se calcinent en dissolvant, et en calcinant se dissolvent et fort se assubtilient. Car en autre manière ne se pourraient mondifier. Et pour ce nous calcinons icelles et subtilions afin que mieux se dissolvent et plus tôt se mettent en union avec ces choses simples, c'est à savoir avec les esprits. Si elles ne se dissolvaient, jamais ne se mondifieraient ni jamais n'auraient fusion ni ingression, car en dissolvant elles se mondifient de toutes ordures et salesdenités sulfuriques qui sont de tout en tout étrangères à la nature de l'argent vif, lequel tant seule­ment a la cause par perfection que nous avons métier. Et pour ce icelles subtilions par calcination afin que mieux se dissolvent, car terre fixe simple ou assimplifiée plus tôt par dissolution se retourne en nature d'eau que ne fait la grosse. La cause pourquoi nous retournons icelle en nature d'eau, c'est afin que après par raison de sa subtilité se puisse incorporer avec les esprits et retourner en air et en feu. Car en autre manière la dessus-dite terre ne se pourrait convertir en air, si premier par artifice n'était retournée en eau, comme Nature ne puisse du contraire passer à autre fin (si) ce n'est par la vertu de son moyen qui est eau. Et pour ce quand la terre est tournée en nature d'eau, adonc est-elle plus subtile qu'elle n'était devant, et plus claire, et plus nette, et plus uniforme, et plus volatile par lesquelles qualités elle après se convertit et se transmue en acte spirituel d'air et d feu. Donc pour faire telles conversions qui sont opérations de nature nous calcinons nos médecines afin que mieux s'assubtilient, et icelles dissolvons afin que mieux se mondifient, et mieux se firent, et mieux se fondent, et que les corps par le bénéfice d'icelles puissent acquérir impression, fusion, et ingression en altération. Toutefois s non mie en eau vulgar, mais en eau mercurielle s'accomplit.

Question : quelle et quand est la différence qui e;st entre l'eau vulgale et cette eau mercurielle en forme et en vertu et en lignage ?

Ce n'est mie à demander aux hommes mondains, corporels et terrestres, mais aux hommes contemplatifs et qui de Heur humanité pénètrent jusqu’aux premières causes les secrets de la Nature en œil de divin entendement. Toutefois peu y en a aujourd'hui, et pour ce science réelle se perd par défaut d'entendement. Car jà soit ce que le souverain conducteur créateur et rédempteur ait formé homme afin qu'il soit signé de la carate de la béatitude éternelle, o de monstrance de lignage pour savoir la vérité. Toutefois l'abreuvement o de la grossesse de sa mixtion luteuse terrestre et charnelle empresse tant la dignité de l'essence spirituelle que l'humaine pensée trop fort s'en obscurcit et se musse en entendant aux choses terriennes. Et mêmement les amis de ce monde précipités en mondanités et mensongeries. Et iceux ne peuvent pas voir les choses réelles de Nature hautes et profonde lesquelles sont amalgamés les secrets de Nature, et les expériences qui se font par icelle. Cher ami, en tout temps la vérité relluit es choses claires célestes et réelles, et telles comprennent vérité, car elles sont substance de vérité. Mais es choses obscures noires et terrestres est tout mensonge, qui est contre toute vérité. Et pour ces la propriété de tels est de ne comprendre jamais vérité, qui est essence divine et digne. Usons donc notre vie en vérité si nous voulons voir expérience en Nature. Si nous tenons près de nous vérité, vérité no-»us aimera. Et nous donnera de son fruit. Sinon, non.
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